Coordonnées GPS
43° 42′ 14″ nord, 5° 04′ 56″ est
Les grottes de Calès (Lamanon) : un habitat rupestre entre Néolithique et Protohistoire dans les Alpilles
Introduction : un site majeur de l’occupation humaine en Provence
Situé à l’extrémité orientale du massif des Alpilles, sur le territoire de Lamanon dans les Bouches-du-Rhône, le site des grottes de Calès constitue l’un des ensembles d’habitat rupestre les plus remarquables de Provence. Installé dans un cirque naturel de falaises calcaires dominant la plaine environnante, il présente une occupation humaine particulièrement longue, dont les premières traces remontent à la Préhistoire récente.
L’intérêt archéologique du site repose sur la superposition de plusieurs phases d’occupation, depuis les premières implantations néolithiques jusqu’aux formes d’habitat structurées de la Protohistoire, révélant l’évolution des modes de peuplement et des stratégies d’adaptation au milieu.
Un cadre géographique favorable à l’installation humaine
Le cadre géographique explique largement l’attractivité précoce du site. Les falaises calcaires forment un ensemble naturel facilement défendable, percé de nombreuses cavités réparties à différents niveaux. Ces espaces ont été progressivement aménagés en habitations et en zones fonctionnelles, avec des escaliers taillés dans la roche, des terrasses, des citernes et des dispositifs de collecte de l’eau.
La position dominante sur la plaine et les axes de circulation offre un contrôle visuel important sur le territoire environnant, renforçant l’intérêt stratégique du lieu pour des communautés en quête de sécurité, de ressources et de maîtrise de l’espace.
L’occupation néolithique : sédentarisation et premières installations
Les premières occupations attestées remontent au Néolithique, dans un contexte marqué par la diffusion de l’agriculture et la sédentarisation progressive des populations du sud de la France. Les indices archéologiques suggèrent une fréquentation ancienne du secteur, caractérisée par la présence de vestiges matériels et de structures enfouies sous des aménagements plus tardifs.
Le site semble alors répondre à plusieurs fonctions complémentaires. Il constitue probablement un refuge naturel, mais aussi un espace d’habitat saisonnier ou semi-permanent associé à l’exploitation du territoire environnant. Dans le contexte régional des Alpilles, cette occupation s’inscrit dans une dynamique plus large de colonisation des reliefs et d’organisation progressive des paysages agricoles.
La Protohistoire : structuration de l’habitat et organisation sociale
Au cours de la Protohistoire, l’occupation du site se transforme et gagne en complexité. L’habitat prend une forme plus structurée et s’intègre dans un système territorial organisé, caractéristique des sociétés du premier âge du Fer en Provence.
Les aménagements témoignent d’une organisation collective plus marquée, avec des espaces d’habitation regroupés, des circulations internes et une structuration progressive du site en village organisé. Cette évolution correspond à un processus général de sédentarisation renforcée, d’intensification des activités économiques et d’intégration dans des réseaux d’échanges méditerranéens.
Continuité culturelle et populations protohistoriques
La population associée à ces phases protohistoriques est souvent rattachée aux groupes dits ligures du sud-est de la Gaule, dont l’habitat rupestre constitue l’une des expressions culturelles.
L’occupation protohistorique ne remplace pas les installations plus anciennes mais les transforme et les adapte, révélant une continuité dans l’utilisation du site et une forte permanence de l’implantation humaine. Cette continuité témoigne d’une mémoire territoriale durable et d’une transmission des pratiques d’occupation du paysage.
La permanence de l’habitat rupestre : une occupation sur la longue durée
L’un des aspects les plus remarquables des grottes de Calès réside dans cette continuité d’occupation sur plusieurs millénaires. Les cavités naturelles ont été constamment réutilisées, modifiées et intégrées à de nouveaux systèmes d’habitat.
Le site illustre ainsi la transformation progressive des fonctions d’un espace initialement occupé comme refuge ou habitat temporaire, évoluant vers un établissement durable puis vers un habitat fortifié. Cette permanence témoigne d’une relation durable entre les communautés humaines et leur environnement, marquée par une constante adaptation technique et sociale aux contraintes du relief.
Un témoignage essentiel pour l’archéologie des Alpilles
À l’échelle du massif des Alpilles, le site offre un témoignage essentiel sur l’évolution des sociétés préhistoriques et protohistoriques de Provence. Il met en évidence :
L’étude des grottes de Calès permet ainsi de mieux comprendre les transformations des modes d’habitat, des formes d’organisation sociale et des rapports entre les populations et leur territoire sur la longue durée.
Conclusion : un observatoire privilégié du peuplement en Provence
Par la richesse de ses aménagements et la profondeur chronologique de son occupation, le site constitue un observatoire privilégié de l’histoire du peuplement en Provence et un exemple remarquable de la continuité des interactions entre environnement, architecture et organisation des sociétés humaines. Les grottes de Calès illustrent ainsi, sur plusieurs millénaires, l’évolution des relations entre les communautés et leur territoire dans le sud de la France.
Lamanon, Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France métropolitaine, 13113, France
43° 42′ 14″ nord, 5° 04′ 56″ est
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